Poésie
Cérès
12 mai 2024
Je les écoute chanter, comme coule l'encre sur mes pages froissées. Je les devine s'épandre et s'ébrouer dans les hautes branches des Peupliers. Au travers des rues étroites de Cérès où tout n'est que désordre, art amoncelé, attentions cachées par les habitants Arlequins dont on devine les écailles dans les façades d'immeubles éteintes.
Aux notes de piano offertes dans les méandres brocantesques, j'ai ramassé dans les hauteurs de Cérès, une pièce de monnaie des Papes, une pièce verte... Monnaie de singe pour artiste en panne, que j'insère dans la fente de mon inspiration blême. Les trois petits points qui ornent les fins de mes phrases me font aujourd'hui un aveu de faiblesse... Chaque idée que je pourchasse, fini par s'y cacher, ma vie n'est qu'une farce...
Sur la grand place de Cérès, aux vieilles pierres catalanes, sous les balcons ornés d'arabesques, j'aimerais retrouver ma fougue et mon charme. Teinter mon cœur des couleurs de leurs âmes, oublier ma paresse, embrasser mon destin et à nouveau sur les routes chanter de la vie les refrains...
Cérès ville nuptiale où s'entremêlent les vices
Cérès j'irai prier ton diable pour qu'il me guérisse...