Poésie
Pyrénées
28 avril 2026

Elles se décomposent pour mieux se rassembler...
Se cachent sous les arbres et leurs houppiers colorés,
Y résonnent les nationales torsadées.
Se meurent au rythme de villages abandonnés
Se découvrent pierre à pierre, entassées en muret
Que le lierre rougeoyant n'a pas encore recouvert...
Creusées par les hommes pour de folkloriques trains,
Entaillées par l'eau en de multiples ravins,
Ses pierres angulaires sculptées par les glaces
Sont devenues montagnes et Pics au regard tenace
Surplombant l'intensité verdoyante de ses crevasses
Surprenant de ses nuits rapides le voyageur peu vivace...
Et sa tramontane espère l'obscurité pour commencer son hurlement.
On l'entend se faufiler au loin à travers les Sapins
Ménageant sa hargne, elle déferle par vagues vrombissantes
Balayant d'un revers le sommeil des randonneurs trop sereins.
En l'arpentant, cette région de transhumance, nous gâte...
Incandescente dans la bouche des gens qui l'habite
Mystérieuse aux yeux innocents qui la regardent
Elle absorbe nos rêves incessants dans son orbite...
La fouler du pied un mois, un an, une vie
Sera insuffisant pour découvrir tout ce qu'elle a d'exquis
Alors on s'imprègne le cœur en marchant,
De son nuancier infini aux couleurs enivrantes...
De sa fougue et de ses charmes, aux saveurs indicibles,
On imbibe notre âme, tatoue nos mémoires sélectives...
Ils nous accompagneront bientôt,
En d'autres régions,
D'autres lieux,
Et leurs forces seront nôtre,
J'en fais le vœux...