Slam
Le Chemin
5 avril 2026
Ca ressemble à un matin de fuite,
du mauvais temps et des gens tristes.
Prendre les armes ?
Ou prendre la fuite ?
Sécher ses larmes
Ou museler ses tripes ?
Chercher sans arrêt de nouveaux Eldorado,
mais partout des maisons,
d'arrêt ou de repos.
Prendre la pirogue ou faire pousser l'arbrisseau ?
mais partout les fleuves ne sont plus que ruisseaux.
Minot,
tu rêves d'arbre-cabane aux cîmes des séquoias,
où dansent et se pavanent les cerisiers d'Ottawa.
Tu chasses dans ton jardin tes plumes d'Iroquois,
pour dévaler serein les chutes Victoria.
Mais à tes rêves poussent d'indicibles épines
Qui se plantent irrémédiablement sous tes pupilles.
Si tes espoirs un jour deviennent arides,
à San Francisco,
Lisbonne ou Manille,
Quel chemin,
mon enfant,
prendras-tu ensuite ?
prendras-tu les armes ?
ou prendras-tu la fuite ?
Regardant les hommes sur leur lit de faïence,
lécher la hanche de la corne d'abondance,
tu apprendras sans doute dans les rues de Byzance,
à lire entre les lignes de notre silence.
Pardonneras-tu,
dis,
nos voyages candides,
nos dîners insouciants sur les plages des Caraïbes ?
Que comprendras-tu,
mon enfant,
des pyramides,
ces souvenirs perdus sous des dunes volubiles ?
Puisqu'à nos victoires est accrochée la faillite,
si le destin n'est que du passé et la poursuite.
Quel chemin,
mon enfant,
prendras-tu ensuite ?
prendras-tu les armes ?
ou prendras-tu la fuite ?
