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Voyage
5 avril 2026

Voyage...
Il est des voyages forcés dont on déplore causes et conséquences,
Mais il en est qui façonnent notre âme et son essence.
Au début,
Il y a un point
D'interrogation
Qui plane au-dessus de nous,
Qu'on laisse en suspension...
Au début,
Il y a un appel,
Un chant,
De sirène,
Qui nous attire dans d'immatérielles plaines.
Alors on s'en invente des radeaux aux mâts solides,
Auxquels s'attacher soigneusement par peur du vide.
On s'en fabrique des cohortes d'impératifs,
Et les personnes sont autant de rochers
Auxquels est amarrée notre esquif.
Au début,
Indubitablement,
Il y a du lâcher-prise,
Ce qu'il faut de courage pour quitter sa tamise.
Et puis un beau matin,
Il est une éclosion dans notre tête.
On entrevoit que l'incertain n'est pas un drame,
Mais une fête.
Commence alors notre errance
Accompagnée de ses parfums.
Sans trop savoir qui mène la danse,
C'est à la vie qu'on tient la main.
Parcourir,
Ne pas courir,
Savourer !
Les effluves des fleurs et les fleuves gelés,
La lumière des villages et le son des clochers,
Les prairies sauvages et leurs fruits cachés.
Et toujours un sourire face au temps qui passe,
Qui nous accompagne...
L'étrange sensation d'être toujours à sa place,
Comme en voyage...
Se perdre,
Eperdument et en tout temps.
Chercher les invitations discrètes,
Les portes entre-ouvertes
Et le regard des passants.
Accepter l'aide,
Leur écrire des poèmes et se séparer
Les rencontres ont un autre goût
Quand on a peu de temps pour les savourer.
Et toujours un regard face au temps qui passe,
Comme un outrage.
L'étrange sensation d'être toujours à sa place,
Comme en voyage...
Avancer,
Même lentement,
Pour ne pas croupir.
Ressentir en son sang la fresque des souvenirs.
Le bruit des feuilles sur le chemin,
L'âpre senteur des cafés,
Le vent qui glisse entre nos mains,
L'odeur sucrée du boulanger.
Et toujours de connivence avec le temps qui passe,
Concubinage.
L'étrange sensation d'être toujours à sa place,
Comme en voyage...